LES P’TITS MOLIERES 2018

P'tits Molières 2018 © Emilie Munck Montuclard

C’est la seconde année que Pierre Boiteux, Président des P’tits Molières, me demande de couvrir la cérémonie de remise des récompenses, dont la marraine était cette année Isabelle de Botton.

Au programme : burlesque, effeuillage et joie.

 

Dans les petites salles, il y a aussi de grands spectacles !

Parlons un peu technique :

La photographie de spectacle est pour moi un véritable challenge. Elle est à l’exact opposé de la photographie culinaire. Techniquement, je fais le grand écart.

 

En photographie culinaire, je suis la metteur en scène (puisque je suis aussi la styliste) et je suis la régisseur aux commandes de la lumière (même si la lumière naturelle est assez capricieuse). Mon sujet est fixe, il se tient bien tranquille là où je l’ai posé (enfin presque, certains aliments ont tendance à changer d’aspect assez rapidement). Cela me permet donc de placer mon appareil sur un trépied pour recommencer plusieurs fois la même prise de vue jusqu’à obtenir le résultat souhaité. Ouverture assez grande, ISO entre 100 et 400 et vitesse en fonction de la lumière mais assez lente en général puisque rien ne bouge. Quelques réflecteurs, parfois une softbox pour compléter si le temps est mauvais. Je peux choisir mon objectif (mais je prends toujours le 105 macro – je l’adore). Et je peux m’assoir ou boire un café quand j’en ai envie. Travail de studio assez tranquille finalement.

 

En photographie de spectacle, lorsque j’arrive sur les lieux, je sais deux choses : les lumières vont être impossibles et souvent insuffisantes et je serai constamment debout et mal placée (sur les côtés ou derrière, là où je ne gène pas les spectateurs). Et il y a une chose que je ne sais pas : ce qu’il va se passer. Beaucoup disent que la photographie culinaire est une discipline compliquée. Et bien je crois que la photographie de spectacle l’est plus encore, car la seule chose que l’on maîtrise, c’est son appareil. Tout le reste n’est qu’improvisation pour le photographe. Et pire que tout : il n’y a pas de reshoot possible. On ne peut pas dire aux comédiens : « stop, il faut la refaire là, reprenez exactement la même pause s’il vous plait ! ». Non, le spectacle continue et tans pis pour la photo ratée. 

Techniquement, je travaille avec mon D810 (qui est plutôt un boîtier de studio mais qui fait quand même très bien le job, d’autant plus que je peux le pousser dans les ISO) muni de mon 105 macro (j’ai bien d’autres objectifs et un bon zoom aussi, mais je l’adore cette focale fixe hyper lumineuse qui est au fil du temps devenue la continuité logique de mon boîtier). Et puisque c’est une focale fixe, et bien c’est moi qui bouge pour changer de points de vue.

Pour les réglages : mesure spot, AF continu, ouverture au maximum (soit 2,8), vitesse pas inférieur à 1/200 ème pour éviter les flous. Je laisse la balance des blancs et les ISO en automatique (en général autour de 2000) et je sais que quoi qu’il arrive, il y aura nécessairement du bruit numérique à gérer en post-prod. Ne pas oublier d’avoir une batterie de rechange et une seconde carte mémoire vide parce que les photos en RAW ça pèse lourd. Et penser à avoir une tenue confortable, l’estomac plein et la vessie vide : il n’y a pas de pause avant la tombée du rideau. 

 

C’est épuisant, mais j’adore.

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